RÉSUMÉ DE LA THÈSE : CONSTRUCTION DE LA PYRAMIDE SUR SA CARRIÈRE, ET LES PREUVES
A. ÉVOLUTION DES FORMES PYRAMIDALES
Les pyramides d’Égypte sont-elles les plus anciennes ? La question est encore sans réponse ! Quoi qu’il en soit, toutes les pyramides participent du Continuum Technique des “Ouvrages Tumulaires vernaculaires” du monde entier, faits de pierre ou de terre et réalisés par l’Homme : tumulus, dolmen, bazinas, djedar, collines artificielles, pyramides amérindiennes, chinoises, etc., dont le mode générique est explicité par les ouvrages mineurs du vernaculaire : épierrements, baraquas, murgers, murailles néolithiques du génie rural, civil et militaire.
En Égypte, la forme des différentes pyramides en pierre : pyramides à degrés, grandes pyramides lisses, pyramides d’Abousir, sauf les pyramides à texte, est générée par le système constructif utilisé, lui-même induit par les caractéristiques dimensionnelles des matériaux fournis par le site d’implantation. Le choix du site est alors fonction de la présence de matériaux utilisables par rapport à l’outillage à disposition à l’endroit et/ou à l’époque donnée.
Par ordre de l’évolution technique :
Construction vernaculaire des Ouvrages Tumulaires de l’Antiquité (3 200 BC)
Tumulus MAES HOWE dans les îles Orkney (Écosse) : les matériaux sont empruntés au pourtour de l’ouvrage, principe fondateur !
Le tumulus de Maes Howe
Cairn de Barnenez dans la baie de Morlaix érigé il y a près de 6 000 ans.
Domaine de Bougon : J. Pierre MOHEN (rapporteur de ma thèse) + article
Domaine de Bougon
Tumulus de la Joselière à Pornic remarquable du fait de sa construction par cônes-enveloppes (préfiguration du système constructif de la Grande Pyramide de KHÉOPS).
Les pyramides à degrés d’Égypte :
La pyramide à degrés de DJÉSER à Saqqarah, faite du gisement pierreux de son esplanade périphérique (dont on trouve un reliquat proche au Nord) est réalisée par degrés constitués de parées successives, épaississement permettant l’installation d’un échafaudage de bois.
Pyramide à degrés de DJÉSER
ainsi la pyramide se construit par stades d’accroissement volumique à partir du centre et non pas en empilant des « mastaba du plus grand au plus petit » comme le prétend J. Ph. LAUER, égyptologue.
Placez la souris sur l'image
Son Architecte IMHOTEP a été divinisé pour son génie créateur.
Les trois pyramides de SNÉFROU (IVe dynastie) :
La première pyramide de SNÉFROU à Meïdoum est aussi construite par degrés comme le révèle son état actuel et l’analyse de sa structure interne qui aurait comportée trois états successifs (d’après BORCHARDT, égyptologue).
La deuxième pyramide de SNÉFROU à Dahchour Sud.
Pyramide rhomboïdale de SNÉFROU
est appelée pour sa forme “rhomboïdale”, à deux tronçons de pentes différentes (54° en bas et 43°en haut). De base carrée, elle est composée d’enveloppes successives, qui – à la rupture de pente – se restreignent régulièrement. La plateforme périphérique carrée, carrière d’emprunt des matériaux constitutifs comportant le changement de pente consécutif au non-emprunts successifs (dû à la géologie ou par précaution ?).
Les photographies aériennes des sommets de la pyramide rhomboïdale et pyramide rouge, publiées par NGS, confirment les proportions des blocs et leur appareillage “en boutisse”.
Sommets
La troisième pyramide “rouge” de SNÉFROU à Dahchour Nord, du fait de la couleur de la pierre, présente une pente de 43° ; elle est considérée comme la première tentative réussie de pyramide à faces lisses qui préfigure les pyramides de Gizeh.
Pyramide rouge de SNÉFROU
Ainsi, SNEFROU, Pharaon de la IIIe dynastie, le père de KHÉOPS, à Dahchour aura fait évoluer le système constructif des pyramides “à degrés” jusqu’aux “Grandes Pyramides lisses”.
Les trois grandes pyramides lisses du Plateau de Gizeh (IVe dynastie) :
Les 3 Grandes Pyramides
La pyramide de KHÉOPS est la plus grande du monde (231 m de base et 147 m de hauteur), et la plus “énigmatique” du fait de ses dispositifs intérieurs (couloirs descendant, horizontal, ascendant, chambre de la Reine, Grande Galerie, chambre du Roi, chapeautée de 30 monolithes de granite (30 à 63 T) et d’un chevron en calcaire.
De nombreuses théories ont été proposées par différents auteurs de l’archéologie classique mais aussi “sauvage”, et la liste n’est pas aboutie ; mais aucun n’est praticien de la construction même s’il est égyptologue-archéologue et n’a considéré ni la géologie, ni la méthode constructive.
Le premier historien à s’intéresser à la Grande Pyramide est HÉRODOTE d’Halicarnasse qui décrit un « système de gradins successifs qu’on appelle tantôt bomides (βομιδας) : table, plateforme d’appui (entablement), tantôt crossas (κροσσας) : corbeau (encorbellement) » qui génère « un créneau formant escalier » et que l'on utilisait des « machines faites courtes pièces de bois, que l’on déplace ou que l’on multiplie » selon le témoignage des Prêtres du Temple de Ptha à Memphis. Ce texte mal traduit est demeuré incompréhensible par les égyptologues-archéologues (de formation littéraire) et finalement refusé !
Le second historien est DIODORE de Sicile qui prétend : « On dit que les trois pyramides sont posées sur le sable qui les entoure et qu’on n’avait pas encore inventé de machine en ce temps-là, dit-on ».
De ce fait, il existe deux familles de théories :
Les Machinistes : deux ingénieurs helvétiques qui proposent chacun leur propre “machine“ sans rechercher le “système” et moi-même, Architecte-Dr ingénieur en Génie Civil, qui propose « un système induit par la machine » basé sur l’explication rapportée par HÉRODOTE.
Les “Rampistes” : rampe frontale, multiple, engagée, hélicoïdale externe etc. La dernière en date (hélicoïdale interne) modélisée par Dassault Système qui – pour être vérifiée – eut recours à la “muographie” (japonaise), fut négative mais découvrit inopinément les Grand et Petit Vides situés au-dessus de la Grande Galerie (!) que j’ai interprétés en tant que « mesure statique précautionneuse de protection de celle-ci », du fait de sa forme élancée et de son mode d’appareil selon sa pente ; le Petit Vide étant son débouché en face Nord, les 2 chevrons superposés démontrent sa constitution (le nez au milieu de la figure).
image C6
La vérification a été réalisée par une équipe française (sous l’impulsion de mon directeur de thèse Th. VERDEL et mon président de jury H. HELAL) par endoscopie, et révélée par Zahi HAWASS lui-même qui n’y a pas trouvé d’intérêt vu qu’il s’imaginait y trouver la “Chambre Secrète” ; par contre cette photo est tout à fait conforme à mon interprétation préalable de cheminée de décharge.
image C7
Les études géologiques du Plateau de Gizeh ont été faites par les géologues égyptiens et rassemblées par Pr. A. STRUGO (déformation tectonique, orientation du réseau de fracturation primaire), mais la stratigraphie a été étudiée par J. CUVILLIER en 1935
Stratigraphie de J. CUVILLIER
qui indique 4 couches différentes superposées avec lesquelles sont construites les trois pyramides selon leur emplacement respectif, dont on observe la présence sur les plateformes alentour. Les stigmates d’extraction par “démisage“, soulèvement avec un bras de levier fiché dans une “boite” creusée en pied du bloc à extraire, restent visibles, pour ceux qui savent les reconnaître, autour de KHÉOPS.
Boîtes de démisage
On observe même des reliquats de carrières autour MYKÉRINOS.
Les 3 pyramides voisines d'Abousir, des pharaons de la Ve Dynastie SAHOURÊ, NÉFERIKARÊ et NIOUSERRÊ, consécutives aux 3 Grandes Pyramides de Gizeh construites en gros appareil, seront quant à elles construites en petit appareil correspondant au gisement géologique local d’Abousir, ce qui a été vérifié par O. CHÉRIF géologue NARSS et moi-même.
Les pyramides à texte (pyramide d’OUNAS à Sakkarah) sont composées d’une chambre à texte (gros appareil), d’un tumulus de petit appareil ceinturé par les “backing stones” de gros appareil tirés du puits voisin creusé dans le plateau (selon la stratigraphie du lieu).
En conclusion :
Seuls les bâtisseurs égyptiens ont franchi le seuil technologique de la construction des Grandes Pyramides “lisses” (de gros appareil) sur le Plateau de Gizeh
Les autres pyramides et édifices tumulaires dans le monde sont construits par degrés (de petit appareil).
B. PYRAMIDE DE KHÉOPS – MODÉLISATION THÉORIQUE DE L'ACCROISSEMENT PYRAMIDAL HOMOTHÉTIQUE de la pyramide sur sa carrière (PYR/CAR)
Attention : Afin de pouvoir développer cette recherche théorique – et comme la formule du volume de toute pyramide le permet (surface de la base multipliée par la hauteur, divisée par 3), pour simplifier le dessin nous utiliserons un support quadrillé (5/5 mm).
Coordination modulaire théorique entre PYR et CAR (quadrillage)
Le bloc “théorique moyen” mesure 2 coudées par 3 coudées, appareillé “en boutisse”, son épaisseur est d’une coudée ; le massif carré duquel ils sont tirés mesure donc 6 coudés de côté.
Les tranchées détourant les massifs mesurent une coudée de largeur et de profondeur. À chacune des 6 strates d’exploitation successives sont attribuées des couleurs différentes dans la CAR théorique par ordre d’approfondissement : Gris : niveau -1 ; Jaune : niveau -2 ; Bleu : niveau -3 ; Rouge : niveau -4 ; Vert : niveau -5 et Orange : niveau -6, ce qui permettra de suivre l’organisation des blocs dans chaque cône-enveloppe en PYRamide.
Le sol d’origine avant son exploitation en CAR est donc au niveau 0, horizontal.
Le pas d’exploitation de la CAR est donc d'une coudée/hauteur pour 6 coudées/largeur, soit une hauteur de 6 coudées pour une longueur de 36 coudées.
La PYR se construit en 6 phases de “cônes-enveloppes” superposés correspondant à chacune des 6 étapes en CAR d’approfondissement périphériques, de la plus petite (1ère ) au centre à la plus grande (6e) à l’extérieur.
CAR en plan et PYR en coupe de la pyramide de KHÉOPS
Les étapes de CAR génèrent les phases de PYR – (cônes-enveloppes)
Ce développement est homothétique de 6 modules cônes-enveloppes emboîtés.
Pyramide de KHÉOPS : modélisation théorique de “l’accroissement pyramidal” selon la logistique algorithmique (Coupe N/S : pente de 14/11) montrant l’ensemble des couches stratigraphiques :
Modélisation théorique de KHÉOPS
(g) jaune, (f) rouge, (e) vert.
L’intérêt de cette étude réside dans l’observation des différents points remarquables et leurs alignements, à savoir :
(O) est situé au centre de la Chambre de la Reine : +21 m/(A);
(H) situé au débouché supérieur du Couloir Ascendant dans la Grande Galerie et du Couloir Horizontal, est le niveau du sol d’origine d’avant l’exploitation de la CAR ;
(A) est le niveau de la plateforme finale en fin d’exploitation de la CAR : soit niveau ±000 m ;
De (O) à (A) cette ligne représente la pente d’approfondissement de la CAR ;
(B) est le niveau supérieur de la couche (e) dans lequel est creusé la partie basse du Couloir Ascendant (où les Blocs Tampon ont été coincés) avant son débouché dans le Couloir Descendant ;
(D) est situé au bas de la partie verticale du Puits (d’échappement) menant à la Grotte puis à la Chambre Souterraine ; il est aligné avec les points (O)-(B)-(A) de la ligne d’exploitation totale de la carrière.
Ainsi s’affirme et se vérifie l’hypothèse “originelle” (publiée dès 1996 dans Système Constructif des Pyramides).
Modélisation théorique graphique de “l’accroissement pyramidal” :
Accroissement pyramidal
avec les couleurs de référence (Gris : niveau -1 ; Jaune : niveau -2 ; Bleu : niveau -3 ; Rouge : niveau -4 ; Vert : niveau -5 et Orange : niveau - 6), permettant de visualiser simultanément leur répartition sur la Coupe-PYR et sur Plan-CAR.).
Modélisation “animée” : ce dernier document graphique ouvre la possibilité d’une modélisation “animée” au travers d’un partenariat avec un laboratoire spécialisé dans le domaine des systèmes intelligents dans le but d’ouvrir cette recherche scientifique de la Construction, Architecture et Génie Civil à la Pyramidologie, à la Systémique, à la Science, à l'Histoire (HÉRODOTE) et jusqu’au Grand Public (projet de réalisation d’un film documentaire).
Il y a bientôt 5 000 ans, HEMIOUNOU l’Architecte de KHÉOPS choisit le site du Plateau de Gizeh pour y construire sa pyramide, mais sur quels critères ? Ce qu’il voyait : ce plateau (de très faible pendage) dont il a observé les fracturations principales (ouvertes) en bordure de la vallée du Nil, où le Sphinx était déjà là (ou plus sûrement la falaise de la couche géologique dans laquelle il a été “détouré” (une laisse de carrière).
Le Sphinx
LE MASTABA DE KHENTKAWES
Situé au NE du plateau de Gizeh, le Mastaba de KHENTKAWES, reine consort qui aurait été l’une des épouses du Pharaon SNÉFROU et mère de KHÉOPS, est unique certes mais surtout révélateur de par sa forme archaïque issue de stratification géologique du Plateau et sans doute précurseur des différents ouvrages qui y seront réalisés par ses héritiers KHEOPS, KHEPHREN et MYKERINOS, mais aussi explicatif des reliquats d’emprunt des matériaux constitutifs sur tout le site.
Ce Mastaba est constitué d’un socle naturel (massif erratique détaché du plateau) composé de 2 couches stratigraphiques : (couche g) 12 m de couleur jaune et (couche a) Auversien 6 m de couleur brun ; socle surmonté partiellement d’un ouvrage construit composé de blocs empilés, d’un emprunt partiel à la couche supérieure (a) Auversien.
Mastaba de KHENTKAWES
L’intérêt à porter au socle naturel est la lecture et compréhension de la stratification des différents bancs de hauteurs variées qui le composent, ce qui permet de préciser le régime de fracturation de type 2 « Écartement des fractures proportionnel à l’épaisseur des strates » selon la classification de M. RUHLAND (Recherches sur la fracturation naturelle de roches 1969-1972), régime qui s’applique à tout le Plateau de Gizeh et permet ainsi de reconnaître, et l’ensemble de sa déformation tectonique, et les zones d’emprunt et reliquats.
Derrière ce Mastaba, on aperçoit un reliquat naturel (érodé) de couleur brune du même gisement (a) Auversien 6 m que l’on retrouvera un peu plus loin, au même niveau constitutif de la tête du Sphinx 6 m , ainsi que son poitrail taillé dans la couche jaune (g) 12 m pierre à bâtir ; de même que l’on reconnaît à l’horizon ces deux couches jaune et brune qui participent du Temple-Haut de KHÉPHREN, que l’on retrouvera dans le Mastaba G 5000, au point culminant du Plateau au SW.
Tout ceci justifie l’hypothèse de l’emprunt des matériaux constitutifs de chacune des 3 Grandes Pyramides, en Carrière, au pourtour-même et au plus près de leur appareillage en Pyramide (Pyr/Car), selon leur emplacement respectif.
HEMIOUNOU aura bien sûr à connaître la stratigraphie et reconnaître la fracturation naturelle des roches du site des deux réseaux primaires (ouverts) facilement repérables et secondaires diagonaux (fermés), en détourant un massif qui – hors de la contrainte de cisaillement qui les a provoqués – va se détendre et révéler leur présence et leur régime, ce que font les carriers du monde entier et de tous temps !
Tout comme le carrier d’aujourd’hui, il aura cherché à reconnaître, héritier du savoir-faire de ses prédécesseurs, le module moyen exploitable que l’on devait voir sur la falaise (et encore aujourd’hui sur le Sphinx dont on retrouve la couche stratigraphique au monument de KHENTKAWES ainsi qu’au temple haut de KHEPHREN.
image E4
Mais surtout il va rechercher l’endroit où la couche géologique (g) 12 m – la plus propice à exploiter – affleurait. peut-être même fit-il creuser un puits pour reconnaître les épaisseurs et qualités des couches sous-jacentes (e) et (f) ?
Le volume et poids de ce module de calcaire de 2 500 kg, dépassant les capacités manuportables des pyramides à degrés, il inventa cette nouvelle méthode de construction avec cette « machine de levage faite de courtes pièces de bois que l’on déplace et/ou que l’on multiplie » dixit HÉRODOTE, à savoir un bras de levier manœuvré sur un trépied qui soulève un bloc et le pose sur deux blocs d’appui, ce qui réalise un « créneau formant escalier » (formule explicative du dictionnaire grec-français d'A. BAILLY).
Cette méthode est un véritable « système constructif » (itératif et prédictif) qui emprunte les blocs dans la carrière (CAR) au pourtour même de la pyramide (PYR) par étapes et phases correspondantes successives « d’accroissement pyramidal » homothétique (PYR / CAR).
C. LES PREUVES PROBANTES DE CETTE RECHERCHE
Le Génie des pyramides : “génie”, en français, est un terme ambigu, c'est pourquoi je l’ai choisi comme titre de thèse. Il s’applique parfaitement bien au concept de ma recherche, depuis les Ouvrages Tumulaires (mineurs et majeurs) jusqu’à la Grande Pyramide qui veut – selon le principe vernaculaire – que « le matériau du site d’implantation implique la méthode de production (construction) qui génère sa forme ».
HEMIOUNOU, le Maître d’œuvre de la pyramide de KHÉOPS, ajoutera son propre “génie conceptuel”, d’une part le passage au gros appareil et d’autre part la logistique impérative d’élaboration des dispositifs intérieurs : Chambre de la Reine, Couloir horizontal, puis Couloir ascendant – par anticipation de la construction sur la face nord – et la Grande Galerie. J’ai démontré la fonction de celle-ci dans ma thèse dès 2002 : « cet extraordinaire ascenseur oblique » dont le rôle sera de permettre la mise en place des monolithes de granite de rehausse au-dessus de la Chambre du Roi, pour aller y poser l’arc de décharge de renvoi latéral des futures charges pondérales qu’occasionnera la poursuite de la construction jusqu’à son sommet, dont la pointe structurelle a disparu par destruction sauvage, après le revêtement général.
« On acheva donc la pyramide en commençant par le sommet et les étages inférieurs jusqu’à la base de l’édifice », dixit les dires des prêtres égyptiens, rapportés par HÉRODOTE.
De plus, concernant la Grande Galerie, couverte par une voûte d’encorbellement élancée (appareillée suivant sa pente), le Maître d’œuvre dans sa grande prudence décidera de la protéger en lui superposant cette « cheminée de décharge précautionneuse » (selon l'analyse de pure statique) dont le rôle est de renvoyer les futures charges pondérales de part et d’autre dans le massif au fur et à mesure de la poursuite de la construction de la pyramide.
Cette “cheminée” débouche sur la face Nord de la pyramide (montrant le bout de son nez) sous les deux chevrons superposés (à la hauteur du Couloir Horizontal et de la Chambre de la Reine, c’est-à-dire à la hauteur du sol d'origine du Plateau, avant le tout premier emprunt périphérique en carrière (l'horizon de KHÉOPS).
Ces deux chevrons superposés nous indiquent la constitution par boisseaux successifs de cette cheminée et leur superposition dans la pente (comme le nez au milieu de la figure). Les chevrons
C’est ce que les “muographes” ont découvert (de façon fortuite, cherchant la rampe hélicoïdale intérieure de Dassault Système) : « Les Grand et Petit Vides ».
La vérification du Petit Vide sera faite en 2023 par endoscopie entre les 2 chevrons par l’équipe Dassault Système à l’initiative de Th. VERDEL (directeur de thèse) et H. HELAL (président du jury) : cette photographie correspond parfaitement à mon hypothèse !
image F2
Par lettre recommandée avec AR, j’ai demandé à être intégré à cette équipe, je n'ai reçu aucune réponse !
GLOIRE à HÉMIOUMOU
maître d’œuvre de la pyramide de KHÉOPS
« Opéra Magistral de savoir-faire du génie bâtisseur »
qu’un beau jour de 1990 j’entendis face au Sphinx
au point d’y consacrer le restant de mes jours et mes nuits... !
D. ANALYSES CRITIQUES
Le mythe des huit faces de la Grande Pyramide. Les photographies réalisées par A. POCHAN, physicien et mathématicien, publiées aux éditions Robert LAFFONT (1971) sont une fausse interprétation qui n’a rien à voir avec une volonté du constructeur :
l’orientation des pyramides a été démontrée par la géologie et les 2 réseaux de fracturation naturelles des roches,
cette pyramide a perdu son sommet et les blocs sont tombés sur les 4 faces, les creusant de plus en plus sur l’apothème, réalisant un cône d’érosion intérieur qui – sur la face Nord – a dégagé le triangle de base qui culmine au niveau du Couloir Horizontal, dont les derniers chevrons ont disparu sur l’épaisseur du dernier cône-enveloppe, laissant ainsi apparaître le socle (le soubassement massif non-exploité).
Le socle de KHÉOPS
Le creusement des faces attire l’attention dès lors que FLINDERS PETRIE en offre un relevé en 1883. Seules une gravure et une planche de La description de l’Égypte avaient auparavant illustré ce que JOMARD décrivait comme « des marches plus usées au centre qu’aux arêtes » (fig. 8 et 9).
L’étude photogrammétrique de la Pyramide de KHÉOPS par NEUBAUER (2000) viendra corroborer – sans le savoir et sans l’avoir entrevue – la justesse de mon analyse.
image G2
En conclusion : la pyramide de KHÉOPS « la plus énigmatique » du fait de ses Dispositifs Intérieurs, sera de ce fait même « la plus révélatrice » du système constructif des Grandes Pyramides.
Rendons ici et maintenant hommage à HÈRODOTE d’Halicarnasse en Lydie, le “père de l’histoire”, ainsi qu’aux prêtres égyptiens du Temple de PTAH à Memphis, ses informateurs, qui deux millénaires après la construction de KHÉOPS, lui ont révélé ce savoir-faire exceptionnel, que le grand historien a légué à la postérité !
Bien sûr, comme J.-Ph. LAUER me l’a écrit, tous les “rampistes” du monde contesteront toujours, et HÉRODOTE et le “machinisme”, qu’ils ne sauraient considérer. De même que l’archéologie classique, étant donné sa théorie de la rampe frontale la plus simpliste qui soit, oublie la topographie du site (soit 43 m de dénivelé du plateau + 147 m hauteur de la pyramide = 190 m) et la géologie ; elle ignore la provenance et la nature des matériaux constitutifs de la pyramide et de sa rampe annexe, dont le volume s’ajoute à celui de la pyramide qu’il faudra faire disparaître ensuite : « faire et défaire est toujours du travail ».
La rampe annexe
Cette critique peut s’appliquer à toutes les théories “rampistes”.
HÉRODOTE d’Halicarnasse : son origine, sa vie, ses voyages et sa personnalité nous intéressent au premier chef :
« Fils de LYXÈS et de DRIO, il est né la première année de la 74e olympiade », d'après PAMPHIME cité par AULU-GELLE, soit avant la seconde guerre médique (480 à 479). Il fait partie d'une famille importante bien que le nom de son père indique une probable origine “barbare”, plus précisément carienne. Halicarnasse était la capitale de la Carie. HÉRODOTE serait-il d’ascendance “barbare”, Pélasge Dorien Crétois ?
La liste des différentes tribus et leur mode de vie, sur la côte méridionale de la Méditerranée et son grand développement sur les Machlyes et les Auses, et de la traditionnelle fête d’Athéna, sont définitivement révélatrices : HÉRODOTE, fils de “barbare” serait bien le descendant des Maces/Machlyes qui se rasent les côtés de la chevelure pour ne laisser qu’une crête (coiffure en cimier comme imprimée sur le disque de Phaistos en Crête).
image G4
Ses voyages en Tunisie, Cyrénaïque, Égypte démontrent un intérêt particulier personnel – dès sa jeunesse pour cette partie du monde – comme s’il cherchait à vérifier son origine berbère.
E. ALGORITHMIQUE
À quelle période a-t-elle été inventée-pratiquée ? L’histoire des mathématiques nous dit que le perse AL KHWARIZMI lui aurait laissé son nom (qui est celui de sa province) au Xe siècle, à Bagdad en Irak.
Dans le long courrier réponse dont il m’a gratifié, en date du 29/02/1997 (publié dans mon livre Le génie des pyramides (pp. 381 à 385), J.-Ph. LAUER, Architecte-égyptologue du CNRS, critique à plusieurs reprise ma proposition :
« Je me permets de douter que les architectes égyptiens de la IVe dynastie, qui étaient encore si éloignés de nos raisonnements mathématiques modernes, aient pu songer à votre système, d’autant qu’aucun indice n’en a été découvert jusqu’à présent. », Ce qui est faux : encore faut-il savoir les reconnaître sur le sol, ce que tout un chacun peut encore voir !
Et de conclure : « Telles sont les critiques que je puis faire de votre intéressante et très ingénieuse proposition, qui, à mon avis, n’aurait pu être à la portée des constructeurs égyptiens de l’Ancien Empire, il y a 4 500 ans ».
Exemple de logistique algorithmique : Creusement “manuel“ d’un canal en RPC à l’époque de la Révolution Culturelle.
Creusement d'un canal en RPC
De quelle époque date ce « savoir-faire de logistique algorithmique induite par la pelle individuelle de chaque ouvrier-prisonnier ? ».
Cette façon de faire est conditionnelle : il faut avoir besoin de faire ce canal, un sol propice, en plaine, beaucoup d’ouvriers, un ordonnancement rythmé, séquencé, ordonné. Ainsi telle un chenille le chantier avance, s’approfondit, s’élargit, les gravas remontés sont déposés sur les côtés : talutés ou aplanis ?
Ce savoir-faire est de toute évidence ancestral et correspond aux civilisations des Grands Fleuves, comme l’Égypte pharaonique depuis l’unification des Haute et Basse provinces, voire même de l’Atlantide – delta du fleuve Igharghar-Triton ennoyé en Mer Pélasgique.
Cet exemple de logistique algorithmique mériterait d’être retrouvé, expérimenté et/ou modélisé comme “Systèmes Intelligents”.
De même la poussée de l’eau n’a pas attendu la découverte du Principe d’ARCHIMÈDE pour traverser le Nil, une bouée de papyrus suffisait depuis toujours ! Et tous les monolithes de granite de la pyramide de KHÉOPS, proviennent des carrières d’Assouan, détourés de main d’homme par une tranchée périphérique (et peut-être même boisés pour être emmenés par la crue) jusqu’au pied du Plateau de Gizeh, où se trouve le Terrain de Golf aujourd’hui, avant d’être hissés sur la rampe construite par anticipation de la construction sur la face Nord (Rampe = Couloir Ascendant – Grande Galerie) qui augmentée méthodiquement permettra de tous les mettre en place au-dessus de la Chambre du Roi, ainsi que le chevron de décharge qui les coiffe.